Sami Aoun is a Lebanese Canadian Political Sciences Expert on the Middle East, appears frequently on Canadian Media. I have a great respect for his opinon and analysis.
The following is his article which appeared in French in "la Tribune" of Sherbrooke, Canada, on Friday may 27. It is a great analysis of the current Syrian regime situation and the democratic case for Syria. I'll try to summarize the first half and translate the second half for the English speaking audience.
It explains the current suffering and oppression of the Syrian regime and its fighting its international isolation after Hariri's murder. The legitimacy of the Syrian president is dwindling specially after stopping and now aborting the "Spring of Damascus" which started with his presidency. The young president also has been denied the support of France and the USA that his dad Hafez Al Assad enjoyed during his rule from 1970 to 2000. Loosing Lebanon has being the biggest crisis of this regime so far.
In response to pressure by the US and France, the young Bashar is figthing externally on several fronts in the region causing problems in Irag, Lebanon, Palestine and even Jordan. He is playing his father's role of being the instigator and the fire fighter in alternance which the Dad played really well in Lebanon during the civil war. Allying itself in refuge with Iran member of the "axis of Evil".
Internally an iron fist has been shown specially after signing the Damascus-Beirut, Beirut-Damascus declaration by Syrian and Lebanese intellectuals who called for a normal relation between the two countries. Bashar Assad brutally counter attacked by arresting national and liberal opposition (Michel kilo included) who call for a lawful and democratic state and lifting of the state of emergency. The Islamic brotherhood is still banned from any political activity, the communist and liberal left is intimidated and the kurdish opposition is curtailed.
The Syrian regime does not hide its will to stay in power, even it blackmails its own people by emphasizing the slogan used previously by Saddam Hussein of "after me, it is chaos".
The escalation of repression in Syria might show a regain of confidence for president Bashar after a difficult if not say a humilating year. The arabic states notably Egypt and Saudi Arabia don't have any interest in the regime fall, they fear chaos and repetition of the iraqi scenario. Another important support came from Israel wihch does not want an islamic or democratic neighboring regime which might be a danger on the Golan front.
Briefly Syria faces today 3 dead-ends. First the regime itself which is incapable of reforming itself and is affraid of self destruction. Time is on Syria's side as Bashar pretends, its enemies influence is declining (US and France presidents). Second the opposition which is finding it very difficult to formulate a coherent and convicing post-Assad image which is peaceful and vengance free against the alawite community which currently holds key power and army positions. The third deadlock is the arabic regional order which does not succeed in imposing the respect of its own people at the Syrian State.
In conclusion, The democratic ambition is present in Syria but the internal and external conditions for its blossoming are still missing.
La Tribune (Sherbrooke, Qc)
Opinions, vendredi 26 mai 2006, p. 15 Analyse
Syrie: la répression après le"printemps" avorté!
Aoun, Sami
Collaboration spéciale
Le régime syrien souffre et fait souffrir. Le président Bashar al Assad s'est vu privé de l'appui des États-Unis et de la France autrefois accordé à son père Hafez, au pouvoir de 1970 à 2000. Avec la fin de sa mainmise sur le Liban se révèle la crise interne de son régime.
La Syrie est isolée diplomatiquement depuis l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri, le 14 février 2005. L'adoption de différentes résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU (1559 et 1680, adoptée le 14 mai dernier accentue la pression sur le régime de Bashar. La légitimité politique de ce dernier s'amenuise depuis sa volte-face contre "le printemps de Damas", c'est-à-dire les réformes libérales promises lors de son ascension au pouvoir en 2000. Le printemps espéré est maintenant avorté!
En réponse aux pressions des États-Unis et de la France, le jeune président Bashar réplique sur plusieurs fronts. Il jette d'abord de l'huile sur le feu irakien en appuyant notamment les collaborateurs de Saddam Hussein ainsi que différents activistes islamistes. Il se réfugie dans une alliance avec l'Iran, pays de "l'Axe du mal".
En Palestine, le président syrien soulève l'ire du président palestinien Mahmoud Abbas en appuyant ses rivaux. Damas pousse même l'audace à soutenir logistiquement des membres du Hamas pour des entreprises de déstabilisation de la monarchie jordanienne, selon les dires de cette dernière.
Puis, le Liban souffre toujours des tentatives de fragilisation orchestrées par la Syrie. Damas cherche à s'assurer que le Liban soit incapable de se gouverner, prétextant la docilité du pays du cèdre aux diktats américains et français. Le régime de Bashar retourne donc à l'ancienne stratégie de son père, celle de jouer alternativement le rôle du pyromane et du pompier.
Une main de fer
Sur le plan interne, l'oppression du régime syrien s'est accentuée après la signature de la " déclaration Beyrouth-Damas, Damas-Beyrouth " par des centaines d'intellectuels de renom et d'activistes qui réclament la démocratie et le respect mutuel entre les deux peuples frères. Bashar a contre-attaqué brutalement en ordonnant des dizaines d'arrestations d'opposants libéraux et nationalistes qui réclament l'instauration d'un État de droit. Les Frères musulmans sont toujours interdits d'activité politique. La gauche communiste et libérale est intimidée. Et l'opposition kurde est matée.
Le régime syrien ne démord pas dans sa volonté de se préserver. Il fait même du chantage à son peuple en scandant le slogan "après moi le chaos", utilisé autrefois par Saddam Hussein.
L'escalade de la répression en Syrie peut révéler un regain de confiance du président Bashar après une année difficile, voire humiliante. Les États arabes, surtout l'Égypte et l'Arabie saoudite, n'ont pas d'intérêt dans la chute de son régime. Ces États craignent l'effondrement de l'ordre syrien et la répétition du scénario irakien.
Un appui de taille est venu aussi d'Israël. L'ennemi voisin ne veut pas traiter avec un nouveau régime syrien islamiste ou démocratique qui représenterait peut-être un danger sur le flanc du Golan, zone frontalière paisible depuis plus de 30 ans.
Bref, la Syrie est aujourd'hui confrontée à trois impasses. Il y a premièrement celle du régime lui-même. Puisqu'il est incapable de se réformer et qu'il craint son effondrement, il a recours à la répression ouverte. Le temps, comme Bashar le prétend, joue en sa faveur: l'influence des présidents américain et français, George W. Bush et Jacques Chirac, décline sérieusement.
Il y a deuxièmement l'impasse de l'opposition qui éprouve une grande difficulté à formuler une image cohérente et convaincante d'un avenir post-Assad qui ne porte pas les risques d'une guerre civile ou des vengeances contre la minorité alaouite détenant les postes clés du pouvoir
Et finalement la troisième impasse est celle de l'ordre régional arabe qui ne réussit pas à imposer le respect de son propre peuple à l'État syrien.
L'ambition démocratique est présente en Syrie. Mais les conditions internes et externes de son éclosion sont toujours absentes.
Sami Aoun est professeur titulaire de sciences politiques à l'Université de Sherbrooke.Hyperliens pour les articles antérieurs : http://callisto.si.usherb.ca/~aoun/medias.htm
Avec la collaboration de Simon Larouche, candidat à la maîtrise au Département d'histoire et de sciences politiques de l'Université de Sherbrooke.